• Un Après Midi Avec Mélanie

    Me And My Hair

    J’ai fait la connaissance de Mélanie lors d’une course caritative que j’organisais au profit de l’association SOS Préma. Nous ne nous étions jamais rencontrées et pourtant, j’ai rapidement eu la sensation de la connaître depuis longtemps. Nous ne nous voyons que très rarement. Mais, avec le temps, nous avons noué une relation virtuelle régulière et riche. Je suis tellement heureuse d’avoir pu m’entretenir avec elle de son enfance et de son rapport si complexe avec son image et plus précisément avec ses cheveux.

    Un grand merci à elle pour sa confiance et son enthousiasme pour notre projet : Sisters And Happiness. Merci à Sylvie et Patrick Peigné, les gérants de L’HOTEL de nous avoir si gentiment accueilli et de m’avoir permis de recueillir les propos de mon invitée en toute intimité.

  • L'enfance

    A la maison, nous étions 3 filles. Je suis la deuxième de la fratrie. Contrairement à mes 2 sœurs, Gina (l’ainée) et Julie (la cadette), je n’ai jamais su ce que je voulais faire. Je me suis toujours laissée porter par le vent sans trop me poser de questions. Aujourd’hui, je sais ce que je ne veux pas faire, mais je crois que je ne sais toujours pas ce que je veux faire.

     

    Je suis née à Rennes, mais j’ai grandi à Theix, près de Vannes dans une famille mixte d’un père d’origine guadeloupéenne et d’une mère française, blanche. Mon père ne vivait pas avec nous.

    Pas facile de grandir dans une ville quand on est la seule famille noire. J’ai toujours pensé que mes parents m’avaient totalement loupé, que j’étais une erreur de la nature.

     

    Petite, je me sentais laide, comme un brouillon. Et pour couronner le tout, mon père avait l’habitude de me raser la tête pour ne pas avoir à gérer mes cheveux afro.

     

    A 13 ans, je me suis fait baptiser, c’était ma décision. Pour l’occasion, mon père a accepté que je me fasse faire des rajouts. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie belle. Une révélation ! Puis, de 13 ans jusqu’à mes 30 ans, j’ai été une adepte du défrisage. Avoir les cheveux raides était pour moi la définition de la beauté.

     

    La violence a fait très tôt partie de mon quotidien. Mes sœurs et moi étions rejetées à l’école et presque partout où nous allions. Pour survivre, j’ai dû me forger une carapace. Ma mère ne mesurait pas l’impact et le rejet dont j’étais victime. Difficile de s’identifier, lorsque sa maman est blanche et donc pas confrontée à ce rejet, nos cheveux étaient si différents et je trouvais sa gestion du problème un peu maladroite.

     

     

    L’âge adulte

    J’ai toujours été proche de mes sœurs, nous sommes très complices. Nous n’avons pas la même façon de vivre notre double culture. J’ai souvent eu l’impression d’être la plus antillaise de toutes. Enfant, je me sentais comme expatriée dans mon propre pays. Les Antilles m’ont toujours fait rêver sans rien connaitre du pays. J’écoutais mon père me compter la Guadeloupe. Je rêvais d’y aller. Mon rêve est devenu réalité. J’ai découvert la Guadeloupe à 24 ans. Je suis partie avec mon demi-frère. En arrivant là-bas, j’ai eu l’impression de trouver ce qui m’avait tant manqué enfant : un sentiment d’appartenance très fort à une terre, la terre de mes ancêtres.

     

    J’y ai aussi rencontré Loïc, mon futur mari et le père de mes deux enfants. Pour Loïc, la Guadeloupe, c’est bien pour les vacances, mais pas pour y vivre. Voilà pourquoi, après notre rencontre, nous nous sommes installés à Paris.

    Mon séjour en Guadeloupe m’a permis de me réparer. Auparavant, je pensais que je devais choisir entre être blanche ou être noire. En revenant, j’ai réalisé que je pouvais être noire et blanche. Certaines lectures et certains films m’ont aussi aidé à faire la paix avec mon image. Pourtant, quand ma fille Callie (9 ans) a été harcelée à l’école à cause de ses cheveux afro, c’est comme si toutes mes blessures d’enfant se réouvraient. J’ai été vraiment mal que ma fille connaisse ce que j’avais enduré. Callie est plus forte que moi. Et surtout, elle m’a moi, elle peut s’identifier, je lui ressemble, j’ai connu ce rejet, elle sait qu’elle peut tout me dire. Je lui apprends à ne pas se laisser marcher sur les pieds, à se respecter, respecter les autres enfants, à ne pas être blessante à dessein.

     

    Callie est plus ouverte à la différence. Je lui dis qu’elle est belle, qu’elle a de beaux cheveux. J’aimerai qu’elle s’accepte et qu’elle s’aime telle qu’elle est. Je sais qu’elle aura un rapport avec son image moins compliqué que moi, je l’espère. Je lui achète des livres auxquels elle peut s’identifier et j’essaye de nourrir son imaginaire en lui montrant que son métissage est une chance.

     

     

     

    Aujourd’hui

    Aujourd’hui, si je devais choisir, je dirais que je me sens plus noire que blanche. Apprendre à s’accepter est un long apprentissage. Aujourd’hui, je ne fais plus de défrisage. Les salons spécialisés, les magazines ou podcasts et l’engagement de certaines personnalités sont de réelles sources d’inspiration. Cela permet de s’identifier et ne plus se sentir seule dans ce racisme ordinaire. J’arrive à me sentir belle dans les yeux de mon homme.

     

    En France, je me sens encore à part dans certains lieux, mais je travaille à me sentir bien partout. J’ai vécu 1 an à Londres. Et, là-bas, je me suis immédiatement sentie bien partout.

     

    Quand j’ai entendu parler de « Sisters And Happiness », j’ai tout de suite pensé à la sororité, à la solidarité et à la féminité. Ce projet me parle beaucoup et m’enthousiasme fortement.

    Votre exposition « Love your Hair » a ravivé certaines blessures. Pour autant, je suis convaincue que cette exposition peut faire du bien et contribuer à faire tomber certains préjugés.

    Longue vie à S&H !

     

    Nous avons toutes un rapport plus ou moins complexe avec notre image héritée ou non de l’enfance. S’aimer est un long apprentissage, celui de toute une vie. Plutôt que d'entrer en guerre contre soi, peut-être pourrions-nous essayer de faire la paix avec nous ? Personne ne nous jugera aussi fortement que nous ne le faisons déjà. Vous êtes toutes des BADASS !

    On vous kiffe toutes (et tous) et on vous dit à très vite pour un autre entretien,

    Colombe & Daniela, fondatrices de Sisters And Happiness

     

    Propos recueillis et retranscrits par Colombe Paland

    Si vous ne connaissez pas L’HOTEL, voici, de quoi vous mettre l’eau à la bouche : www.nantes-hotel.com.

     

    N’hésitez pas à partager cet article sur vos RS et à faire connaître S&H.

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    Sisters And Happiness, c'est vous, c'est nous, ce sont toutes nos soeurs ici ou ailleurs.

  • Sisters And Happiness

     

    C''est l'histoire d'une rencontre, celle de deux jeunes femmes sensibles, aimant rire, discuter des heures de tout et de rien, et papoter autour d'un bon verre de vin.

     

    Daniela Faurel et Colombe Paland se sont rencontrées à l'occasion de l'exposition photo :

    " Vous les femmes...Femmes résilientes, femmes épatantes ".

    Daniela est photographe. Colombe est consultante en communication et chef de projet événementiel.

    Fortes de cette première collaboration riche en émotions, elles ont eu envie de s'associer pour continuer à parler des femmes autrement.

    Leur mission : partir à la rencontre de femmes ordinaires aux parcours singuliers, celles que l’on entend pas, que l’on écoute peu, que l’on ne voit pas dans l’espace public, et de révéler leur beauté.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Colombe Paland

    Chef de projet évènementiel

    D’aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé raconter des histoires et les mettre en scène.

    L'écriture comme l'événementiel sont mes deux territoires d’expression favoris. J'aime créer des ambiances uniques et singulières, choyer et booster mes clients, transmettre des émotions, faire rire. Je me réjouis que Sisters and Happiness soit mon nouveau terrain de jeu 100 % fun et émotions et enfin collaborer au long cours avec ma talentueuse amie, Daniela Faurel

    Daniela Faurel

    Photographe

    "Je me souviens très bien du jour où Colombe et moi , en un seul regard et un grand sourire, avons compris notre sororité. Faîtes pour s'unir, nous allions parler d'une seule et même voix ! Une complicité évidente et un désir commun de mettre en lumière la beauté en chacune de nous. Sisters And Happiness est notre moyen d'expression et de partage, et nous avons une irrésistible envie de vous embarquer avec nous !

     

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